Voici les trois écrivains qui ont participé à la Conférence sur la Francophonie du 24 mars 2011

Bibliographies

Koli Jean Bofane est né à Mbandaka (RDC), le 24 octobre 1954. Il arrive en Belgique en 1960 pendant les troubles de l’indépendance. Après des aller-retours entre le Congo et l’Europe, quelques péripéties et des études en publicité et communication, il rentre au Zaïre en 1983. Il exerce dans la publicité (Factuel-Média) qui émerge à ce moment là à Kinshasa, jusqu’au moment où le Maréchal Mobutu met en place un processus démocratique en 1991, ce qui lui permet de créer une maison d’édition (Publications de l’Exocet) où il produit, entre autres, des bandes dessinées satiriques où le pouvoir est mis à mal, des reportages sur des sujets de société et des enquêtes journalistiques. Les pillages de 1991 et 1993 ainsi que la répression dans le milieu de la presse et de l’édition compliquent les choses et Bofane quitte le Zaïre en juin 1993. Arrivé en Belgique, il se lance dans la littérature en publiant aux éditions Gallimard « Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux ?» en 1996, une parabole sur la dictature qui annonce, un mois avant l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila, la fin du régime de Mobutu. Il obtient le Prix de la Critique de la Communauté française de Belgique. Le livre est publié dans une demi douzaine de pays. Un second ouvrage est publié en 2000, intitulé, « Bibi et les canards » qui parle de migration. Ces ouvrages ont été traduits dans une dizaine de langues. Il œuvre également dans l’associatif et s’efforce en parallèle d’ériger la parole en tant que mode de sensibilisation. Dans ce but, il met en place des ateliers, des animations destinés aux jeunes et aux adultes, participe à des événements culturels à travers le pays. Ce travail le conduit naturellement à intégrer un groupe de recherche en prévention et résolution des conflits pour la région de Grands lacs (Grapax) et à adhérer à une ONG qui s’occupe de réhabiliter la justice dans des zones de conflits (RCN). Son dernier roman Mathématiques congolaises, est paru aux éditions Actes Sud, en 2008; traduit en néerlandais il devrait paraître en mars 2011 Uitg. De Geus.
Fatou Diome est une écrivaine franco-sénégalaise, née en 1968 sur la petite île de Niodior, dans le delta du Saloum, au sud-ouest du Sénégal. Elle est élevée par sa grand-mère. Très tôt, en décalage avec le microcosme de l’île, elle décide d’aller à l’école et apprend le français en cachette au début ; son instituteur parviendra par la suite à convaincre son aïeule de la laisser poursuivre. Elle se passionne alors pour la littérature francophone. À treize ans, elle quitte son village pour aller poursuivre ses études dans d’autres villes du Sénégal tout en finançant cette vie nomade par de petits boulots jusqu’à des études universitaires à Dakar. À ce moment, elle songe à devenir professeur de français, loin d’elle l’idée de quitter son pays natal. Mais à vingt-deux ans, elle tombe amoureuse d’un Français, se marie et décide de le suivre en France. Elle divorce deux ans plus tard et se retrouve en grande difficulté, abandonnée à sa condition d’immigrée sur le territoire français. En 1994, elle s’installe en Alsace. Elle est étudiante à l’université de Strasbourg où elle termine aujourd’hui son Doctorat ès lettres sur Le Voyage, les échanges et la formation dans l’œuvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane, tout en donnant des cours. Elle a publié La Préférence nationale, un recueil de nouvelles, aux éditions Présence africaine en 2001. Le Ventre de l’Atlantique est son premier roman, paru en 2003 aux éditions Anne Carrière. Son second roman, Kétala, paraît en 2006 chez Flammarion puis ce sera Inassouvies, nos vies, Flammarion 2008 et enfin toujours chez le même éditeur Celles qui attendent, 2010.

Mamadou Mahmoud N’Dongo est un écrivain, photographe et cinéaste français, né le 17 octobre 1970 à Pikine au Sénégal. Il est issu de la haute noblesse peule, sa famille est apparentée en ligne directe à El Hadj Oumar Tall, fondateur au XIXe siècle de l’empire toucouleur (Sénégal, Mali, Guinée). C’est véritablement un artiste polyvalent, à la formation pluridisciplinaire. Il prit tout d’abord des cours d’histoire de l’art, d’analyse cinématographique et de littérature entre 1991 et 1993 et des cours d’Histoire de la musique entre 1993 et 1996. La musique occupe une place très importante dans sa formation, puis dans ses ouvrages. Il prend des cours de guitare classique puis de piano classique. Parallèlement, depuis 1991, Mamadou Mahmoud N’Dongo commence une activité de critique de films, puis dès 1993, de critique littéraire et musical et depuis 2003, de critique d’art. Entre 1994 et 1995, il réalise trois court-métrages expérimentaux : Le Mangeur d’hélium, l’Oeil, Solo (d’après Samuel Beckett). Non content de s’essayer à la littérature, à la musique et au cinéma, il s’initie également en 1991 à la photographie grâce à un stage en vidéo, son et lumières. Son premier documentaire photographique, Hall, paraitra l’année suivante, et de 1994 à 2004, il travaille en tant que photographe artistique et documentariste. Enfin, c’est au cœur de ce foisonnement artistique qu’il écrit des textes remarqués tels que : L’histoire du fauteuil qui s’amouracha d’une âme, recueil de nouvelles paru en 1997, et L’errance de Sidiki Bâ paru en 1999. Son premier roman, Bridge Road, est paru en 2007. Il est suivi en 2008 par El Hadj, et en 2010 par ce dernier roman, La géométrie des variables. Notons au passage que Mamadou Mahmoud N’Dongo est membre du jury du prix Senghor (récompensant un premier roman francophone) depuis 2009. Il se partage entre Amsterdam et Paris.





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